DANS LA VALLÉE DU VALAIS

  • Créé par : 2019-11-28 15:15:56
  • Écrit par: Cédric Tassan
  • Publié dans: blog
  • Vue 304 fois
  • Commentaires

Le pays des helvètes et notamment le Valais, est sans aucun doute une des meilleures destinations de montagne l’été en Europe ! Si vous ne connaissez pas ce coin, alors ne manquez de suivre les traces de Cédric Tassan de chez VTOPO. Il est parti une semaine en juillet pour parfaire ses connaissances locales !

L’été, pour un grand nombre d’entre nous, rime avec montagne. On a envie de prendre de l’altitude, de tutoyer les sommets, de glisser dans les alpages, de s’enivrer du parfum frais des torrents. Cette année, après les Dolomites l’an dernier, cap sur la Suisse. Je vise les Grisons, à l’est du pays. C’est un territoire réputé pour le VTT, peu connu des français car assez loin finalement et peu direct. Je monte le projet, mobilise les amis, ceux qui sont dispo. Nous nous retrouvons à 3 pour une virée helvète : Romain qui a déjà fait 3 trips VTT avec moi et JP, ami et voisin de Saint-Cyr, là où je réside. C’est une première pour lui : une semaine de bike non stop !

Je suis un perfectionniste, cela a du bon, mais c’est parfois épuisant. Je bâtis le trip en détail, je n’aime pas l’imprécision, les journées sont toutes tracées, mesurées, détaillées. Je suis satisfait de mon travail, prêt à partir. Mais c’est sans compter la météo du printemps dernier et celle du mois de juin, assez mauvaise là-bas. Au fur et à mesure que les domaines VTT ouvrent, les mauvaises nouvelles s’enchaînent : fermeture de sentier pour l’été, enneigement très important, remontées mécaniques fermées… Une catastrophe, chaque jour amène sa mauvaise nouvelle. J’essaie tant bien que mal d’avoir un maximum d’informations, mais tout va dans le même sens : trop tôt en saison en cette année… En urgence, nous sommes à 3 jours du départ, après vérification de la météo et de l’enneigement ailleurs en Suisse, je mets une option sur le Valais.

La première fois que je suis venu dans ce coin faire du vélo, c’était en 2009 et ce fut une révélation. J’y suis retourné plus tard en 2014 avec toujours le même émerveillement. Me voici donc à nouveau sur ce même territoire, 5 ans après. Dans mon souci de perfection, impossible pour moi de refaire les mêmes traces qu’il y a 5 ou 10 ans. Même si l’heure du départ approche, je me jette dans les cartes, les sites web, les informations que j’ai déjà, les souvenirs, les photos faites… En 24h, je boucle 6 jours de VTT. Au-delà des itinéraires à bâtir, il faut vérifier les ouvertures et les horaires des remontées mécaniques que nous emprunterons pour nous propulser dans d’autres vallées, les liaisons avec les trains, les bus, la météo, vérifier les hébergements et éventuellement les refuges (qu’on appelle cabanes en Suisse) pour les pauses déjeuners : un travail de titan !

C’est le grand départ, excitation et concentration sont au rendez-vous. On file le long de la vallée du Rhône en pensant que cet immense fleuve prend sa source à l’endroit exact où nous allons poser nos crampons ! C’est incroyable d’imaginer que la Suisse est finalement le château d’eau de l’Europe. A Montreux, nous faisons une pause au bord du lac Léman. L’ambiance est surchauffée : le festival de Jazz agrémentée de la canicule bat son plein. A vélo, nous nous déplaçons au bord de l’eau sous un soleil de plomb. En fin d’après-midi, nous prenons notre quartier dans une hôtel confortable mais vieillot dans le petit bourg de Bex. La Suisse, propre, carrée, bien rangée livre ses premières facettes. La météo est excellente pour le moment, nul besoin de changer le programme, cap sur les rochers de Naye. Nous commençons à nous faire détrousser de nos francs suisses, et cela va très vite. Environ 60 euros pour une journée de transport avec le train à crémaillère qui nous fait gagner presque 1700 m de dénivelé. De là-haut, la vue est incroyable. Suspendu sur ce promontoire rocheux, nous toisons l’immense bleu du lac Léman d’un côté et le vert mordant des alpages de l’autre. Notre première descente est longue, rocheuse, cela surprend un peu pour démarrer. Elle nous mène tout droit dans Montreux. Pour le second tour, après 45 minutes de train, nous empruntons une nouvelle descente. Même tarif, le départ est bien caillouteux, la vue toujours plongeante sur le lac, terrible, grisant. Quand nous entrons dans la forêt, le terrain est plus souple, moins fatigant. Nous plongeons dans une gorge étroite, le sentier cherche son chemin dans les entrailles de la terre. Je mets la pression au groupe pour arriver au train juste avant qu’il ne parte. Les rotations se faisant toutes les heures nous perdrions trop de temps à attendre. Nous gagnons la course contre la machine et grimpons à nouveau au sommet. La pause repas s’impose calés sur une terrasse panoramique : en Suisse, il est très facile de trouver de quoi déjeuner, nous l’expérimenterons tous les jours. Nous repartons pour la dernière descente de la journée sous un soleil de plomb. Finalement, après une jolie crête effilée, et une bonne série de montagnes russes épuisantes, nous tombons sur une petite cabane perdue en pleine forêt ! Magnifique, quel bel endroit pour passer un week-end. Nous poursuivons notre descente sur des sentiers bien raides, le soir nous prenons une chambre dans un hôtel de Martigny.

Pour ce second jour, nous nous levons tôt pour nous enfoncer dans le Valais. J’ai hâte d’en découdre avec cette journée qui s’annonce un grand voyage. Romain n’est pas de la partie, il se repose. L’accumulation d’une fatigue professionnelle l’ont déjà fait souffrir la veille. Avec JP nous grimpons au sommet du domaine de Loech-les-Bains. A plus de 2300 m la vue est magnifique. Je retrouve les sentiers typiques du Valais, de beaux rubans marrons qui s’étirent à l’infini. Le paysage tient ses promesses, l’ambiance est fabuleuse. Nous traversons des alpages hors du temps puis nous grimpons jusqu’à un col, l’heure file. Même si nous avons déjà avalé au moins 600 m de dénivelé négatif (et autant de positif) Il est temps d’attaquer notre première longue descente. Et c’est une claque monumentale. Le sentier livre tout ce qu’il y a de plus beau en Suisse : traversée d’alpages, vue panoramique, tracé ludique, joueur, vitesse grisante, appuis, passages rocheux. C’est interminable ! Avec JP, nous prenons notre pied à rouler roue dans roue ! Sans savoir ce qui nous attend par la suite, nous arrivons en bas avec une banane immense ! Mais la joie est de courte durée. Alors que nos estomacs se tordent depuis plus d’une heure, nous devons remonter 20 minutes sur une route de montagne à travers une succession de tunnels où le bruit des voitures est assourdissant. Je rentre volontairement dans un état second pour m’isoler de cette agression extérieure. A Goppenstein, nous dévorons nos assiettes dans un petit resto sympa. Après la pause, nous traversons la route pour embarquer dans un train en direction de Kandersteig : le voyage prend forme puisque que grâce à un immense tunnel percé dans la montagne, nous arrivons après 20 minutes de transport, dans un silence incroyable, en plein Suisse Allemande. Si il avait fallu faire le tour en voiture, on aurait mis au moins 3 ou 4h pour arriver dans cette vallée perdue. D’ailleurs, à la sortie du tunnel, le ciel est bouché. Alors que nous arrivions d’une vallée inondée de soleil, nous avons l’impression d’avoir été téléporté plusieurs heures plein nord. Un peu déboussolés, nous sortons du train et grimpons sur nos vélos. Alors que nous pensions avoir vu la Suisse la plus soignée possible, nous comprenons ici qu’il existe un stade supérieur. Je compare souvent ce pays a une maquette et à Kandersteig ce terme prend tout son sens : chaque chose à sa place et ne bouge pas, tout est parfaitement en harmonie, taillé, rangé. Goudron, bâtiments, ligne de chemin de fer, tout semble neuf. Nous commençons à comprendre pourquoi la Suisse coûte cher et notamment les transports. Les infrastructures sont modernes, bien équipées, entretenues. Nous prenons un nouveau télécabine qui s’enfonce dans le brouillard. La température extérieure reste correcte mais la purée de pois est tenace. Nous attaquons la longue montée qui doit nous emmener d’abord à un refuge, puis un lac puis un col escarpé avant la descente finale de plus de 2000 m de dénivelé. Mais c’est encore loin tout ça. La piste est très raide, nous nous sommes refroidis, nous n’avons pas vraiment pédalé depuis presque 2h… Nous préférons pousser nos vélos. Plus haut, nous gagnons un refuge qui nous apparait au dernier moment tel un vaisseau fantôme dans les nuages. Sa façade grise, austère, tranche avec son intérieur, cocon, tout en bois clair. Nous nous installons tout de même en terrasse pour avaler une bonne part de tarte aux myrtilles. L’ascension se poursuit, je me trompe de rive le long d’une immense lac. Le brouillard est tenace et l’option choisie n’était pas la plus courte. On rebrousse chemin pour suivre un large chemin facile et roulant. Encore un dernier effort et nous atteignons ce fameux col qui doit nous permettre de basculer à nouveau dans le Valais. Le vent souffle violemment, il fait froid, il est déjà 18h et la journée n’est pas terminée. Derrière le col, le sentier est vertigineux. Après une première partie sinueuse mais facile, il s’approche au bord d’un immense ravin. De manière astucieuse, l’itinéraire trouve un chemin exposé à travers les falaises. Pas question ici de tomber, une chute serait fatale. Je reste prudent, maitrise ma vitesse. enchaîne les virages avec une forte concentration. Le vide attire, il happe parfois mon regard. La vue est saisissante, l’ambiance de fin de journée dans cette gorge sinistre est apocalyptique. Je prends du plaisir à rouler, c’est l’essentiel, j’adore ce sentier. Quand l’exposition est moins forte, on peut lâcher les freins, les hormones se libèrent d’un coup et c’est un festival d’épingles que nous enchaînons : plaisir décuplé d’une satisfaction bien méritée ! Une fois les difficultés passées, l’heure a bien tourné, il faut se hater. Je décide ne pas suivre intégralement l’itinéraire de descente prévue. Nous faisons au plus court, je fais fuir un chamois devant mes roues au détour d’un sentier ; nous ne sommes pas les seuls à nous activer en cette fin de journée ! Après quelques kilomètres sur le goudron, tout en bas, dans la Valais, il est 20h et Romain nous attend comme convenu. Cette nuit-là, impossible de dormir, nous sommes surexcités par le voyage que nous venons de faire. Demain, Romain sera à nouveau avec nous et jusqu’à la fin du trip. Il me faudrait des pages et des pages pour vous décrire les journées suivantes : Zermatt et son Cervin inoubliable, Aletsch et le plus grand glacier d’Europe, le massif du Grand Combin et sa crête infinie et Fully et son trail suspendu… Il n’est pas possible de refermer ce chapitre sur la Suisse sans parler de l’accueil. Certes les Suisses peuvent paraitre assez froids au premier abord, mais si vous en restez à cette première impression, vous risquez de repartir frustré. Alors qu’en brisant cette première couche, nous avons fait de formidables rencontres, que ce soit sur les sentiers, dans les cabanes, à vélo, à pied. Nous nous souviendrons longtemps de ce couple au col de Mille dont le mari a bien voulu jouer le jeu du photographe malgré ses paluches musclées par une longue vie de travail manuel, je nous entends encore rire dans la montagne. Et cette dame qui nous invite à boire un coup à la terrasse de son chalet. Le bâtiment, noyé dans un ocean de vignes est entouré de falaises. Son seul accès : un téléphérique personnel ! Nous repartirons de là en évitant de justesse l’ivresse… Ah le petit blanc du Valais !

laissez un commentaire

90 Commentaires

  • Comment Link 2020-06-13 00:52:30 Posté par tJGUSfqgb

    TLXMinZBlW

  • Comment Link 2020-06-13 00:52:32 Posté par qPewpIXrtsHK

    fPMLxoiSVCB

  • Comment Link 2020-06-13 01:11:43 Posté par ASqCrDYMFgQWjph

    guClniDaxXbN

1 to 3 of 90 Item(s)

Page :
  1. 1
  2. 2
  3. 3
  4. 4
  5. 5
  6. 6
  7. 7
  8. 8
  9. 9
  10. 10
  11. 11
  12. 12
  13. 13
  14. 14
  15. 15
  16. 16
  17. 17
  18. 18
  19. 19
  20. 20
  21. 21
  22. 22
  23. 23
  24. 24
  25. 25
  26. 26
  27. 27
  28. 28
  29. 29
  30. 30
Assurez-vous de saisir les informations obligatoires (*) à l'endroit indiqué. Le code HTML n'est pas autorisé.