BOL D'AIR À HYÈRES

On s’en souviendra de ce printemps 2020 ! Après 2 mois confinés, j’avais qu’une envie c’était de redécouvrir les massifs autour de la maison. Direction le spot du Fenouillet, au-dessus de Hyères pour un parcours très sympa.

Désormais, nous avons un gage, celui du rayon des 100 kilomètres. Mais vu où j’habite, ce n’est pas trop un problème finalement. Le terrain de jeu est magnifique. et même si 60% de ce rayon d’action est bouffé par la mer, ce ne sont pas les spots de ride qui manquent. Je décide d’aller explorer le secteur du Fenouillet, on m’en parle très souvent et je n’ai pas d’excuse car c’est dans le VTOPO Var ! Au passage, je remercie Seb pour son repérage, je pars avec ses informations en tête. Avec moi, j’emmène mon ami Thierry. Je suis très content qu’il m’accompagne car il a un lien particulier avec mon activité de journaliste pour le magazine. Car, si vous ne le savez pas, j’écris depuis 14 ans pour VéloToutTerrain et Thierry fut un des premiers à être dans une de mes découvertes. C’était dans le Garlaban. A l’époque, j’avais réalisé le reportage avec l’équipe du magasin Extreme bike à Marseille. Depuis, nous nous étions perdus de vue et retrouvés par hasard, il y a 2 ans, quelques jours après mon installation à Saint-Cyr-sur-Mer sur un parking public de la commune. Et belle coincidence, nous sommes voisins !

Donc 14 ans plus tard, nous voici partis pour une nouvelle découverte. Tôt le matin, la traversée de Toulon ne pose pas de souci. C’est bien entendu à prendre en compte si vous venez de l’autre côté de la ville. Depuis quelques jours, les températures ont fait un bon terrible. Du printemps à l’été en 24h. On sent déjà la chaleur monter… Il est 7h30, nous attaquons notre journée de ride. Le programme est assez fourni : découvrir le potentiel du Fenouillet puis traverser et finir sur le château de Hyères et dans la vieille ville. Un joli programme qui mêle sport et culture ! Le profil du massif du Fenouillet est simple : la colline nait dans la plaine de la Crau et pointe son chaos rocheux sommital à 250 m d’altitude. Le dénivelé des descentes n’est donc pas très important et une route permet de grimper quasiment jusqu’au sommet et de parcourir intégralement la colline d’est en ouest. Depuis quelques années, avec la profusion de sentiers ré-ouverts ou aménagés, il est assez fréquent dans une sortie de grimper plusieurs fois la même piste pour rouler des descentes différentes. Pour être honnête, ce n’est pas toujours ma tasse de thé car j’aime le vélo pour la découverte. Je suis moins enclin à faire le hamster et à tourner en rond au même endroit. J’aime particulièrement faire du chemin, changer de versant et réaliser des boucles complètes. Mais il faut aussi s’adapter. 

Première montée à la fraîche, tout va bien, la route est située sur le flanc ouest de la montagne, c’est très ombragé. La végétation est magnifique, radicalement différente de ce que je connais chez moi, et pourtant à 30 minutes de là. Sur la fin, la route est un peu raide,  on contourne un large réservoir d’eau alimenté par une cascade artificielle bien fraiche. Cette vision deviendra de plus en plus pénible à mesure que l’on repassera ici ! Nous décidons de grimper au sommet, c’est toujours intéressant pour se faire une bonne idée du secteur. Nous arrivons devant la chapelle du Fenouillet bâtie en 1880 sur l’emplacement d’un petit monastère du XIIIe siècle. Nous en terminons avec nos derniers coups de pédales, les derniers 50 m de dénivelé se font en portant le vélo dans les rocher jusqu’au sommet. De là-haut, la vue est magnifique, la mer, Hyères, les îles de Porquerolles, Toulon, ses monts (Faron, Coudon et Caume). La redescente jusqu’à la chapelle est pimentée, les passages rocheux sont relevés. A froid, cela surprend. Puis, on s’enfonce dans la forêt pour trouver notre première descente de la journée. Le tracé est superbe, joueur, sinueux. Le sentier a bien été pensé, il exploite au mieux le versant, descend un goulet, joue aux montagnes russes. Cela reste très ludique, aucun passage vraiment difficile, un vrai bonheur. Une fois arrivés dans les vignes, nous remettons le couvert avec une nouvelle ascension. Nous avons pris notre temps pour faire des photos et ça y est, le soleil est passé en position grill. La fontaine qui alimente l’immense bassin me fait l’oeil. Je résiste… Pour la deuxième descente, nous prolongeons sur la crête rocheuses en direction de l’est. Nous croisons un grimpeur de blocs avec son pad, puis poursuivons dans ce petit labyrinthe de roches. Le départ n’est pas difficile, mais rapidement le sentier devient plus technique. Il faut franchir quelques passages rocheux, puis sous une petite falaise un joli jump se présente sur le sentier. L’atterrissage est un peu aléatoire dans les graviers, je manque mon virage juste après et finis droit dans les broussailles ! La descente se poursuit, plus facile, plus sinueuse, plus joueuse. C’est vraiment un super terrain pour le bike. Une fois en bas, c’est parti pour une nouvelle ascension : la route, le soleil, le pourcentage, la fontaine, le bassin immense… Je vais commencer à craquer avec cette chaleur ! Pour cette descente, nous partons de la chapelle : terre, racines, virages serrés, passages joueurs. La descente est vraiment ludique. Quand nous coupons la route, nous croisons un véhicule de gendarmerie en planque. Ils sont sans doute là pour voir si les randonneurs ne se regroupent pas… Nous sommes que 2 et nous laissons les distances règlementaires. Pas de soucis pour nous. La descente se poursuit, toujours agréable, en sous-bois. 

Une pause s’impose, il fait vraiment chaud. Le soleil a bien tourné, il faut chercher l’ombre. Nous nous rafraîchissons sous un gros chêne avant d’attaquer une nouvelle montée. Nous coupons par les sentiers pour rester sous les arbres un maximum. Plus haut, je n’accorde plus de crédit à ce réservoir et sa fontaine, je reste concentré sur les derniers mètres. Nous traversons le massif vers l’est. En parallèle de la route, un sentier très agréable offre une belle alternative. Nous croisons quelques vététistes. Nous tirons droit vers le château de Hyères. L’endroit est magnifique et les vues superbes. J’aime beaucoup faire le touriste alors que je suis à côté de chez moi. Nous en profitons pour découvrir les moindres recoins du site. Le vieux Hyères est plus bas, sous la fortification. Nous descendons à l’aveugle par de multiples traces, tous les chemins mènent à Rome. Un vieux panneau déglingué nous indique que nous sommes dans la bonne direction. Nous gagnons les premières ruelles de la ville : passages étroits, escaliers, nous finissons notre journée dans à l’ombre des vieilles maisons. Malheureusement, en cette période, pas un bar ou une terrasse pour se rafraîchir. C’est triste de voir un centre historique ainsi. Vivement que la vie reprenne un peu son cours !